C’est arrivé à côté de chez vous… #3

C’est arrivé à côté de chez vous n°3.

 

C’est l’arrivée du printemps, le retour du soleil, mais notre formidable équipe de juristes ne chôme pas pour autant. En effet, malheureusement, le beau temps ne fait pas diminuer les agressions racistes et les discriminations… Voici donc la liste des situations auxquelles nous avons été confronté.es ces deux derniers mois. La lutte continue !

 

Février  2017:

  • Portes-lès-Valence (Drôme): Une dame noire a voulu inscrire son enfant dans une école privée dans la Drôme (étant au courant qu’il y avait des places disponibles). Pourtant, lors de son rendez-vous avec la directrice, on lui affirme le contraire. Elle soupçonne donc qu’il s’agit en réalité d’un refus à cause de ses origines ethniques. Pour vérifier cela, cette maman décide d’effectuer des testings en envoyant ses ami.es inscrire leurs enfants. Évidemment, dans le cas de ces ami.es blanc.hes, aucun problème pour inscrire les enfants. Grâce aux conversations enregistrées lors de ces testings, une médiation a été faite entre la mère de famille et la directrice, mais finalement la victime n’a pas voulu continuer le dossier et a inscrit son enfant dans une autre école… (On la comprend…)
  • Lyon 8ème: Une jeune femme vendeuse dans une boulangerie a été victime d’injures et de harcèlement dû à ses origines maghrébines et sa religion (elle est musulmane). Ses collègues et supérieurs se sont permis des propos d’une extrême gravité, comme par exemple : « Tu fais un travail de bougnoule », « Oh la bamboula ». Le tout est dit sur le ton de la « plaisanterie » (comme toujours lorsque les personnes veulent se dédouaner de la réalité de leur racisme), et s’accompagne de pratiques discriminatoires. On lui a par exemple spécifiquement demandé de fournir sa carte de séjour alors qu’elle est française…  Le dossier est toujours en cours.
  • Vaulx-en-Velin : Un individu maghrébin est sorti de prison avec un bracelet électronique après avoir fait une peine de 18 mois. Un jour, il décide, avec ses amis, de faire un barbecue sur un terrain municipal. La police est intervenue et  ils ont donc commencés à ranger leurs affaires. L’un de ses amis avait amené son chien, qui attaqua l’un des policiers. Ces derniers réagirent en étranglant le chien à mort. Furieux, l’ami qui possédait ce chien bouscula l’un des policiers. Les policiers l’ont tabassé et ont bousculés violemment sa mère âgée. Alors que l’homme sorti de prison n’est pas intervenu dans cette histoire, il s’est également fait embarquer au commissariat. L’un des agents lui  déclare qu’il va tout mettre en oeuvre pour le faire tomber. La victime est appelée pour une comparution immédiate et est accusée d’avoir jeté une canette sur l’un des agents de police. L’homme conteste formellement avoir fait cela. Pourtant, il sera condamné 4 mois de prison ferme. Sa mère demande à ses avocats de faire appel mais ils lui répondent que son fils risque d’être condamné encore plus lourdement. Encore un cas parmi d’autres de violence policière et abus de pouvoir, en toute impunité.
  • Lyon 8ème: Ingénieur de profession, un homme maghrébin travaille actuellement au sein de l’entreprise «ENGIE ». Depuis 2011 il cherche à rejoindre une autre société. Ayant vu une offre d’emploi dans la société où il souhaite aller, il tente sa chance pour un poste d’ingénieur. Après plusieurs semaines, il déplore l’absence de réponse malgré des relances et constate que l’offre est toujours disponible. Il décide alors d’envoyer à nouveau son CV et sa lettre de motivation, mais en vain. En Février 2017, voyant que l’offre est toujours en ligne, il renvoie un CV et une lettre de motivation en changeant son nom et prénom. Il reçoit dans la foulée une demande d’entretien ! La discrimination à l’emploi pour motif raciale est très courante chez les entreprises, et pourtant rarement condamnée, même lorsqu’elle est prouvée sans l’ombre d’un doute comme dans ce cas. Malheureusement, la victime a fini par laisser tomber cette affaire, devant l’absence de moyens de pression et d’action disponibles. Comme souvent, les victimes s’épuisent devant l’ampleur des démarches à effectuer en vue d’un résultat incertain, et les racistes s’en sortent sans être le moins du monde inquiété.es…

 

Mars 2017 :

  • Lyon : Personne d’origine maghrébine travaillant aux hospices civils de Lyon subit un harcèlement de la part de sa supérieure en raison du port d’un bandeau sur sa tête (il ne s’agit même pas d’un voile !). Sa cheffe lui a rappelé la loi de 2004 sur la Laïcité concernant son statut de fonctionnaire. Cependant, ne portant pas de voile mais juste un bandeau, la loi n’est pas applicable dans ce cas et la jeune femme est totalement en droit de garder son bandeau. De plus, d’après la victime, ses collègues d’origines martiniquaises  portent elles aussi des bandeaux mais ne sont pas discriminées par la supérieure.
  • Lyon 9ème : Une femme hospitalisée s’est faîte insulté de « sale nègre » par une autre patiente de l’hôpital. Le personnel hospitalier est témoin de ces propos injurieux et discriminatoire. L’affaire est toujours en cours.
  • Irigny : Un homme travail chez KEOLIS LYON (TCL) depuis 1995. Il a été conducteur de bus pendant 5 ans et puis est devenu formateur au sein de la société. Il dit avoir été victime de discrimination dans l’évolution de sa carrière. En effet, étant formateur, il organisa de moins en moins de formation. Il relate également un épisode dans lequel un autre employé aurait eu une altitude violente et raciste envers un client et d’autres collègues. Il dénonce également une différence de traitement. Effectivement, la personne dite raciste reçoit des promotions dans sa carrière contrairement à lui et d’autres collègues maghrébins. L’individu discriminé dans la cadre de sa carrière à sollicité un rendez-vous avec un membre de la direction SYTRAL en vain… Il souhaite l’aide d’AGIR POUR L’ÉGALITÉ pour appuyer cette demande de rendez-vous auprès de la direction SYTRAL.
  • Mionnay (Ain): Une personne a été agressée par le copain de son ex-conjointe en possession d’une batte de baseball. Cette violence serait à caractère raciste puisque quelques jours avant son ex-conjointe lui aurait envoyé par sms des injures racistes, islamophobes avec la complicité de son compagnon actuel.
  • Livron-sur-Drôme : Le patron d’un bar a refusé de servir un homme d’origine maghrébine. Il a par ailleurs traité de « sale bougnoule« . Il y avait également  un chien assez virulent, dans ce café, qui aurait attaqué la victime. Ce dernier tomba au sol et cogna sa tête. Étant étourdit, ayant aussi un gros mal de tête, l’homme décida d’appeler les pompiers (les pompiers ont également appelés les gendarmes). Après l’intervention des pompiers auprès de l’individu, ils refusèrent de l’amener à l’hôpital et les gendarmes refusèrent de prendre sa plainte. De plus, sa voiture a été fouillée (ils ne savent pas par qui), mais des papiers et de l’argents ont été volés. Cependant, lorsqu’il était au sol, l’individu aurait entendu les gendarmes dire « Vient on va fouiller sa voiture ou cas où on trouve quelques choses ». Durant l’intervention des pompiers et des gendarmes, il dit avoir subi quelques violences (mains écrasées, tirage d’oreilles etc..). Au sein de l’établissement il y a des caméras (intérieur et extérieur), mais la police refuse de visionner les vidéos enregistrées par ses caméras. Désormais, il est convoqué pour la deuxième fois à la gendarmerie pour appel des secours sans motif. La victime a pris un avocat pour engager des procédures.